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Dans Connaissance du Vin (1970), Constant Bourquin, fondateur de DIVO et défenseur des vins authentiques, raconte son initiation personnelle au vin. Homme de lettres genevois, il confesse avoir longtemps bu du vin sans vraiment l’apprécier, se laissant guider par les prix et les réputations plutôt que par ses propres sens.
C’est le hasard qui bouleverse tout : une rencontre avec le Docteur Paul Ramain, grand oenophile, lui ouvre les yeux. En dégustant de véritables Bourgognes, il découvre enfin ce qu’est un grand vin et comprend que l’étiquette ne fait pas la qualité.
De cette expérience, Bourquin tire une conviction profonde : la connaissance du vin n’appartient pas à une élite. Tout amateur sincère, guidé par la curiosité et l’expérience directe, peut apprendre à apprécier le vrai vin, loin des dogmes et du snobisme. Un idéal qu’il portera toute sa vie, de DIVO jusqu’à l’Académie Internationale du Vin.
Lire l'article completDéguster, ce n’est pas briller. C’est comprendre ce que l’on boit.
Visitons cette archive de juin 1990 : un article signé Constant Bourquin, fondateur de DIVO et écrivain oenophilique, qui consacra sa vie à transmettre une approche exigeante, sincère et accessible du vin. Dans cet extrait de Connaissance du Vin, il rappelle avec force que la dégustation n’est pas un exercice de style réservé aux initiés. Elle n’a pas pour vocation d’impressionner, ni de transformer le vin en devinette savante. Elle sert d’abord à porter un regard plus juste sur ce que l’on a dans le verre.
Pour Constant Bourquin, goûter un vin, c’est apprendre à reconnaître son équilibre, sa franchise, son origine. C’est distinguer un vin sain d’un vin maquillé, un vin vivant d’un vin trop corrigé, un plaisir naturel d’un effet recherché. Son regard est parfois tranché, souvent mordant, mais toujours guidé par une même exigence : défendre le vin dans ce qu’il a de plus juste.
Il se méfie des dégustateurs-acrobates, de ceux qui cherchent à briller en nommant chaque arôme ou en devinant chaque provenance. Pour lui, l’essentiel est ailleurs. Un amateur éclairé n’a pas besoin de tout savoir : il doit surtout apprendre à ressentir, comparer, mémoriser, et garder son palais libre des discours trop bien ficelés.
À travers ce texte, c’est toute une philosophie du vin qui se dessine. Une dégustation attentive, mais sans prétention. Une recherche du plaisir, mais jamais au détriment de l’authenticité. Une invitation, finalement, à boire moins machinalement et à goûter avec davantage de conscience.
Chez DIVO, cette vision résonne encore aujourd’hui : le vin ne se résume pas à une étiquette, un degré d’alcool ou une liste d’arômes. Il raconte une origine, un savoir-faire, une année, un équilibre. Et pour l’apprécier pleinement, il suffit parfois de revenir à l’essentiel : regarder, sentir, goûter… et comprendre.
Lire l'article completUn grand vin naît là où la vigne souffre.
Visitons cette archive d'octobre 1990 : un texte signé Constant Bourquin, fondateur de DIVO et défenseur infatigable du vin authentique, extrait de son ouvrage Connaissance du Vin. Un homme dont la plume, trente-cinq ans plus tard, reste d'une étonnante franchise.
Dans ce chapitre, Bourquin part d'une conviction qui dérange : la qualité n'est pas le fruit de l'abondance, mais de la contrainte. La vigne, pour donner le meilleur d'elle-même, doit souffrir. Sols pauvres, sécheresse, froid, c'est dans la difficulté que se forgent les grands crus. Les terres généreuses, bien irriguées, baignées de soleil, ne produisent que des vins moyens. Une vérité qu'il énonce sans détour, et que les vignerons les plus exigeants continuent de porter aujourd'hui.
Mais cette exigence ne s'arrête pas à la parcelle. Elle se prolonge jusque dans la cave. Un vin naturel ne se fabrique pas, il se préserve. Cela suppose une oenologie rigoureuse, honnête, au service du raisin. Et surtout, la force de résister aux facilités : chaptalisation excessive, manipulation du moût, corrections artificielles qui lissent un vin jusqu'à lui faire perdre son âme. Enrichir un vin artificiellement, c'est trahir ce qu'il aurait pu être.
Pour Bourquin, le vigneron idéal n’est pas celui qui corrige la nature, c’est celui qui crée les conditions pour qu’elle s’exprime pleinement. Un artisan de l’effacement, dont le talent se mesure à ce qu’il n’a pas eu besoin de faire.
Ce regard exigeant, il le porte aussi sur l'oenologie de son époque. Il salue les avancées scientifiques de Ribéreaux-Gayon et Peynaud, mais met en garde : une science du vin qui oublierait le vin n'est plus une science, c'est une industrie. Et il va plus loin encore, le consommateur, dit-il, a le droit de savoir ce qu'il y a dans son verre. Une revendication qui sonnait juste en 1990, et que l'Europe n'a rendue obligatoire qu'en 2023.
À travers ce texte, c'est toute une philosophie qui se dessine. La qualité n'est pas un résultat que l'on obtient, c'est une direction que l'on choisit, à chaque étape, de la vigne à la bouteille. Une exigence tranquille, constante, sans compromis.
Chez DIVO, cette conviction n'a jamais quitté notre regard sur le vin. Ce que Bourquin défendait en 1990, nous continuons de le chercher dans chaque verre : non pas la perfection technique, mais l'authenticité d'un vin qui raconte honnêtement ce qu'il est.
Lire l'article completDIVO n’a jamais cessé de se battre contre l’uniformisation du goût.
Dans le numéro 56 de Terroir DIVO, publié en octobre 2006 à l’occasion des 70 ans du mouvement, on redécouvre l’esprit de Constant Bourquin, fondateur de DIVO en 1936, journaliste genevois et défenseur infatigable des vins de terroir. Tout commence dans les années 1930. Le négoce domine alors largement le marché et arrange, coupe ou uniformise les vins issus des terroirs les plus réputés. Les vignerons honnêtes, eux, peinent à se faire connaître et à écouler leurs produits. Le Dr Paul Romain, l’un des compagnons de route de Bourquin, le résumait avec une amertume restée célèbre : nos meilleurs vignerons offrent le meilleur d’eux-mêmes pour n’en retirer, le plus souvent, qu’un bénéfice moral, tandis que d’autres profitent de mixtures fabriquées en laboratoire pour tromper des consommateurs mal informés. Bourquin et plusieurs défenseurs des vins de terroir décident d’y mettre un terme. Le 13 octobre 1936 paraît le premier numéro de la Revue DIVO : un cri d’alarme en faveur des vignerons authentiques et une dénonciation sans concession des falsifications en vigueur dans le milieu vinicole. De ce combat naît une conviction qui n’a jamais quitté DIVO : la qualité, la loyauté et l’authenticité d’un vin d’origine ne se négocient pas.
Près de nonante ans après sa fondation, le contexte a changé, mais la menace demeure. La standardisation n’est plus celle du négoce d’autrefois ; c’est désormais celle de l’industrie agroalimentaire et de méthodes œnologiques toujours plus interventionnistes. Le combat de Bourquin reste, étonnamment, d’une actualité intacte. C’est aussi pour cette raison que DIVO a toujours refusé toute dépendance à la publicité : une liberté de jugement qui permet de continuer à parler vrai, sans complaisance envers les modes ni les grandes marques. C’est précisément cette philosophie que l’on retrouve aujourd’hui dans le Minervois, terre de garrigue et de schistes où Isabelle Coustal élabore, au Château Sainte-Eulalie, des vins qu’elle décrit comme « dotés d’une âme ». Une vigneronne qui résume, à sa manière, l’essence même du combat fondateur de DIVO : « C’est aussi un vin dont on doit pouvoir être fier ! » Chez DIVO, cette exigence demeure intacte. Défendre le vin de terroir, aujourd’hui comme hier, c’est refuser que l’authenticité cède la place à l’uniformisation.
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