Trois Lacs

Des six régions viticoles officielles de la Suisse, celle des Trois Lacs (souvent appelée Neuchâtel/Trois Lacs) est la plus petite, avec une surface de 968 hectares. Répartie sur les cantons de Neuchâtel, Berne, Fribourg et Vaud, elle regroupe les vignobles autour des trois lacs principaux : Lac de Neuchâtel (598 hectares de vignes), Lac de Bienne (222 hectares) et Lac de Morat (148 hectares).

Survol historique

Neuchâtel
Les recherches des historiens Jean-Daniel Morerod et Patrice Allanfranchini ont permis de documenter la présence de vignobles dans le canton de Neuchâtel dès 944 ap. J.-C., mais tout porte à croire que la vigne y a été développée dès l’occupation romaine (58 av. J.-C.). Il est probable que le Pinot Noir ait été introduit pour la première fois en Suisse dans la région de Neuchâtel en provenance de la Bourgogne, puisqu’elle faisait partie de la Burgondie durant le Haut Moyen-Âge. Au XVIIe siècle, le vignoble neuchâtelois atteint la superficie maximale de son histoire avec environ 1350 hectares, soit plus du double d’aujourd’hui (606 hectares). Jusqu’au XVIIIe siècle, la viticulture était l’une des principales ressources financières du canton, mais au XIXe siècle, l’arrivée des pathogènes américains et la perte des privilèges consécutive à la révolution de 1848 provoquent une nette diminution des surfaces. Ajoutons qu’à l’époque moderne, le canton de Neuchâtel a joué un rôle de pionnier en Suisse pour l’exportation des vins, l’élaboration des effervescents et l’étiquetage
des bouteilles.

Bienne
La vigne serait cultivée autour du lac de Bienne depuis plus de 1100 ans, selon une note du Saint-Siège. Au Moyen-Âge, les vignobles étaient surtout gérés par des abbayes de moines bénédictins. Ensuite, ce sont les familles du patriarcat bernois qui ont repris ces exploitations.

Morat-Vully
La viticulture y est présente vraisemblablement depuis le début de l’ère chrétienne, selon les liens établis avec la ville romaine Aventicum (Avenches), mais il faut attendre le XIVe siècle pour voir l’apparition de documents attestant d’une activité viticole importante.

Terroir

En 2003, une étude pédoclimatique a été réalisée pour la région des Trois Lacs. Les sols d’origine jurassique et glaciaire sont majoritairement calcaires, morainiques ou molassiques, pauvres en humus et riches en sels minéraux, une combinaison idéale pour produire de grands vins, en particulier des grands Pinots. Les vignes sont généralement plantées en coteaux entre 400 et 700 m, avec une exposition sud/sud-est. L’influence des lacs est primordiale sur le climat, favorisant la fraîcheur matinale et les brouillards automnaux. Il faut souligner qu’avec plus de 20 % de vignes cultivées en agriculture biologique, Neuchâtel est le plus bio des vignobles helvétiques, contre 5 % seulement pour la moyenne nationale (y compris les exploitations en reconversion).

 

Appellations

Chaque sous-région des Trois Lacs fait l’objet d’une AOC distincte, avec plusieurs AOC locales et de nombreux vignobles réputés.

Carte des appellations Trois Lacs

Encépagement

Chaque AOC autorise un nombre de cépages différents, si bien qu’on arrive à un total hallucinant de 92 cépages sur moins de 1000 hectares. Si l’on y ajoute les cépages à l’essai et les cépages admis uniquement pour les coupages et assemblages, on dépasse allégrement la centaine. Difficile de trouver une quelconque identité régionale ou même locale dans une telle jungle de cépages !

En termes de diversité d’encépagement, l’AOC de Neuchâtel est la plus raisonnable, avec un total de 12 cépages (9 blancs et 3 rouges), tandis que les AOC Morat-Vully avec 59 cépages sur 150 hectares et Bielersee avec 66 cépages sur une surface de 223 hectares semblent totalement déraisonnables. À titre de comparaison, en France, l’AOC Irouléguy admet 6 cépages sur ses 230 hectares, et l’AOC Condrieu un seul sur 180 hectares. Comme dans beaucoup d’autres régions viticoles en Suisse, une simplification de l’encépagement serait à mon avis des plus bénéfiques pour le futur
de la viticulture suisse !

AOC de la régions des Trois Lacs

 

Morat-Vully, unique AOC intercantonale

Le vignoble du Mont Vully, situé entre les lacs de Morat et de Neuchâtel, est à la fois fribourgeois (environ 100 hectares) et vaudois (environ 50 hectares). Longtemps tiraillé entre les AOC des deux cantons, le Vully possède enfin depuis 2011 une AOC unique pour tout son vignoble grâce à l’harmonisation des critères de l’Ordonnance fédérale sur la viticulture et l’importation de vin. Il s’agit de la seule AOC intercantonale pour la vigne en Suisse.

Cépages typiques des Trois Lacs

Tout comme Genève, la région des Trois Lacs ne possède aucun cépage indigène.

Neuchâtel

Au XVIIIe siècle, le Pinot Noir était déjà connu sous les noms de Técou et Cortaillod, et le Chasselas était nommé Loye Blanche, Alloy ou Fendant Blanc, ce dernier nom étant également utilisé dans le canton de Vaud, et plus tard en Valais. On retrouve ces cépages et quelques autres en 1820 dans le « Catalogue des arbres fruitiers et des vignes du Jardin botanique de Genève » du botaniste genevois Augustin Pyramus de Candolle.

De nos jours, c’est le Pinot Noir qui domine les rouges (47.64 % des surfaces), suivi du Gamaret (2.34 %) et du Garanoir (1.55 %). En blancs, le Chasselas est le cépage principal (29.73 %), suivi du Pinot Gris (4.54 %), du Chardonnay (4.00 %) et du Sauvignon Blanc ( 2.06 %). Globalement, 56 % des surfaces sont plantées en cépages rouges et 44 % en cépages blancs.

Répartitions cépages principaux

À noter qu’au XXe siècle, une forme intéressante de Pinot Noir a été sélectionnée dans les vignobles de Cortaillod dont elle a pris le nom (appelé aussi clone 9-18, ou encore RAC 12 pour les spécialistes). Le Pinot Cortaillod est encore passablement répandu en Suisse romande.

Bielersee
Les principaux cépages du lac de Bienne sont similaires à ceux de Neuchâtel, mais les blancs y couvrent 58 % des surfaces (contre 46 % à Neuchâtel).

Morat-Vully
Tout comme dans les deux autres sous-régions, le Chasselas et le Pinot Noir dominent l’encépagement, dont les blancs couvrent 54 % des surfaces. Il faut en particulier souligner deux cépages caractéristiques :

- Le Freisamer est un croisement entre le Silvaner et le Pinot Gris obtenu en Allemagne en 1916. Comme son synonyme officiel est Freiburger (le Fribourgeois en allemand), il a été introduit par les Fribourgeois dans les années 1950.

- Le Traminer est devenu une spécialité de la région, mais il s’agit en réalité d’un Gewürztraminer, mutation rose et aromatique du Traminer, appelé Savagnin en France et Heida en Valais. Afin d’éviter une assimilation avec les Gewürztraminer d’Alsace dont les vins sont souvent moelleux, les producteurs ont délibérément choisi d’utiliser le nom Traminer pour leur… Gewürztraminer sec.

Partir sur Soleure !

Cette expression, qui signifie « passablement aviné », tire son origine des bateliers qui étaient chargés d’acheminer les vins de Neuchâtel ou des Côtes de l´Orbe jusqu’à Soleure en remontant La Thièle pour rejoindre l’Aar. Comme ils en buvaient des quantités considérables durant le trajet, ils arrivaient à destination complètement ivres. De nos jours, quand on est « partis sur Soleure », on se dirige vers une ébriété certaine ! •

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