Les appellations du Rhône Supérieur

Rhône supérieur

Au plus fort de la glaciation du Riss et du Würm, il y a 325’000 à 12’000 ans, le glacier du Rhône atteignait une épaisseur allant jusqu’à 2 km et couvrait les actuels cantons du Valais et de Vaud, s’étendant jusqu’à Lyon.

Il n’y avait alors ni Vaudois, ni Valaisans, ni cépages indigènes ! Tous sont venus d’ailleurs. Le glacier du Rhône a façonné le Valais actuel et sa fonte a donné naissance au Léman, qui n’est finalement qu’un Rhône élargi. En aval du Léman, la France a établi l’appellation générique Côtes-du-Rhône et des appellations locales fameuses comme Châteauneuf-du-Pape, Côte-Rôtie, Cornas, Gigondas, etc. En amont de Genève, les cantons du Valais et de Vaud font géographiquement partie du Rhône supérieur. C’est une appellation qu’il serait bien périlleux de revendiquer au niveau européen, mais qui en serait pourtant légitime !

Extension maximale des glaciations pléistocènes.
Extension maximale des glaciations pléistocènes (-1,8 million à -12’000 ans environ). Le glacier du Rhône s’étendait jusqu’à Lyon. La vigne était alors bien évidemment absente de la chaîne des Alpes. Tout comme les Valaisans et les Vaudois !

 

Les AOC en Valais et dans le canton de Vaud

Le canton du Valais possède une appellation d’origine contrôlée globale (AOC Valais) pour les vins de première catégorie qui prospèrent sur le territoire cantonal ; ils affichent une teneur minimale naturelle en sucre variable selon les cépages, et qui ne dépassent pas certaines limites de rendement : 1,4 kg/ m2 pour le Chasselas, 1,2 kg/ m2 pour les autres cépages blancs et rouges. Les communes viticoles valaisannes sont autorisées à qualifier certains cépages et certaines parcelles de Grand Cru.

Le canton de Vaud possède également une appellation globale, AOC Vaud, qui, à l’image de l’appellation valaisanne, s’appuie sur les dispositions émises par la Confédération concernant les rendements maximaux et les teneurs minimales en sucre. Il dispose en plus de huit appellations régionales : Chablais, Lavaux, La Côte, Côtes-de-l’Orbe, Bonvillars, Vully, Dézaley et Calamin. Le vin a le droit d’être qualifié de Grand Cru si 90 % des raisins proviennent de la commune qui figure sur l’étiquette, et si la teneur naturelle en sucre dépasse de 5° Oechsle la moyenne de l’appellation. Pour être qualifié de Premier Grand Cru, le vin doit provenir à 100 % d’un seul et même terroir, de ceps vieux d’au moins sept ans, de vignes dont la densité de plantation s’élève à 6000 ceps par hectare, vendangées manuellement. Les limites concernant les rendements et les teneurs minimales en sucre sont plus sévères que celles qui régissent les Grands Crus ou les vins AOC.

À l’heure actuelle, on discute beaucoup, non seulement au Valais et dans le canton de Vaud, mais dans toute la Suisse, des projets de l’Office fédéral de l’agriculture visant à transformer le système AOC en un système euro-compatible AOP/IGP (AOP = Appellation d’Origine Protégée ; IGP = Indication Géographique Protégée).