DO Ribeira Sacra

Adega Ponte da Boga

Créée initialement en 1898, la cave Ponte da Boga a été abandonnée en 1970, conséquence de l’exode rural suivant cette période difficile. En 1999, trois vignerons passionnés ont décidé de la remettre en fonction et leur succès fut tel qu’en 2006 la cave a été rachetée par Estrella Galicia, le plus important brasseur de bière en Galice. La cave Ponte da Boga fait dès lors partie des fleurons de cette appellation aux vignobles spectaculaires. Ici, impossible de mécaniser les travaux dans les pentes vertigineuses, tout se fait à la main, à l’exception des petits monorails qui permettent de transporter la vendange, à condition de ne pas avoir le vertige. Les vignes partent du niveau du fleuve Sil à 200 m et grimpent jusqu’à 600 m dans la pente. Elles sont conduites selon différents systèmes, sans véritable homogénéité, héritage d’une viticulture de subsistance. Les sols sont composés d’ardoises, de schistes décomposés et de quartz qui fournissent des rendements assez faibles (45-50 hl / ha). Ponte da Boga cultive ses vignes en production intégrée et a d’ailleurs initié le projet « ecoVINE » qui ambitionne d’utiliser la viticulture de précision à l’aide de drones afin de mettre en œuvre des traitements ciblés.

Comme partout ailleurs en Europe, les vignes ont pratiquement toutes été greffées sur pieds américains après l’arrivée du phylloxera à la fin du XIXe siècle, à l’exception de quelques rarissimes vieilles parcelles pré-phylloxériques. Ces parcelles d’un autre temps sont d’ailleurs les témoins de l’encépagement qui prévalait avant l’arrivée du phylloxera : on y cultivait le Brancellao, le Sousón, le Carnaz (nom local du Trousseau), le Mouraton, ou encore le Gran Negro (Grand Noir de la Calmette en France). Certains de ces vieux cépages ont été remis au goût du jour récemment à l’Adega Ponte da Boga, à l’instar du Brancellao et du Sousón plantés en 2006.

Dans les pentes vertigineuses surplombant le fleuve Sil,le matériel et la vendange doivent être treuillés
Dans les pentes vertigineuses surplombant le fleuve Sil,le matériel et la vendange doivent être treuillés

Godello 2016
Additionné d’un petit 5 % d’Albariño, ce Godello vinifié en cuves inox et pour 5 % en foudres de chêne de 500 litres est très aromatique, souple, avec une petite amertume finale qui lui donne du caractère.

Expresión Histórica 2014 : la tradition en bouteilles
Cette édition limitée est une illustration des cépages ancestraux, assemblage de 59 % Sousón, 27 % Mencía, 8 % Merenzao et 6 % Brancellao taillé pour la garde. Passée une petite réduction, il développe des arômes de pivoine, de mirabelle, avec des tanins fins très juteux et une finale tout en fraîcheur (13'300 bt).

Capricho de Merenzao 2015: petite parcelle de Trousseau de Galice
Ce 100 % Merenzao (ou Trousseau du Jura) est un vin croquant et acidulé, on aimerait dire «jovial», aux arômes de cerises noires et de fraises, avec des tanins serrés, et une belle persistance qui lui confère une grande buvabilité et une jolie personnalité (6600 bt).

Adresse pour les visites

Adega Ponte da Boga
O Couto – San Paio
32764 Castro Caldelas
Galicia
Tél: 988 203 306
info@pontedaboga.es

(Lundi-dimanche 10h-13h30 et 15h-19h, dégustation avec possibilité de tours guidés)

Franck Massard, sommelier & winemaker

Franck Massard, fondateur d’Epicure Wines en Catalogne, est aujourd’hui l’un des producteurs les plus estimés de sa génération en Espagne. Sommelier de formation, il décide en 2004 avec un collègue et ami d’acheter un petit vignoble dans le Priorat. La première année leur a permis de faire seulement 500 bouteilles, mais c’était suffisant pour donner à Franck le virus de la vigne. Il visite alors d’autres vignobles à travers l’Espagne et se met en tête de faire des vins de caractère qui expriment au mieux les différents terroirs, du Priorat à la Terra Alta en passant par la Ribeira Sacra et le Valdeorras. Afin de tirer le meilleur de ses vignobles, Franck s’assure les services de son ami œnologue Dominique Roujou de Boubée, un puits de science pour la viticulture et la vinification. Le succès est rapidement au rendez-vous : en 2013 Franck Massard est couronné « vigneron de l’année » par le magazine Naked Wines. Pas mal pour un sommelier !

L’œnologue Dominique Roujou De Boubée, José Vouillamoz, Eric Duret et Franck Massard autour de vins de Ponte Da Boga et de la Cuvée Licis.
L’œnologue Dominique Roujou De Boubée, José Vouillamoz, Eric Duret et Franck Massard autour de vins de Ponte Da Boga et de la Cuvée Licis.

Licis 2012-2013-2014-2015
Dans la Ribeira Sacra, le duo produit un vin exceptionnel sous le nom de Licis, nommé d’après la parcelle unique qui le compose. La vigne de Mencía d’environ 50 ans se trouve dans la zone d’Amandi, sur des terrasses de schistes surplombant le Sil. Licis est élevé pour 3/4 en cuve et 1/4 en foudres de 500 litres (16% neufs) durant 10 mois pour maintenir le fruité croquant du cépage. Une verticale de Licis nous a permis d’apprécier ce vin complexe qui possède des arômes de fraise, de graphite, de poivre, de violette, des tanins très fins et un bel équilibre. C’est un vin élégant qui rappelle un grand Pinot de Bourgogne ou même un Humagne Rouge du Valais, un vrai vin de gastronomie (6000 bt).